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Ajaccio By Nigh
Ajaccio By Night - ABN - Le site toc de mac

Heureux qui comme Ulysse



Ajaccio By Night
Ajaccio By Night
Pendant 18 ans je n'ai eu qu'un rêve : me libérer de mes chaînes, sortir de ce carcan et quitter cette ville où tout le monde vous connait et où vous connaissez tout le monde, ce microcosme où si vous avez le malheur de faire un écart la bourgeoisie bien pensante à vite fait de vous tailler un costard sur mesure.
Adieu Ajaccio, mon baccalauréat en bandoullière je traversai la mer en quête de savoir.
Je goûtai vite aux joies de l'indépendance, brûlant la chandelle par les deux bouts. Mais de fiesta en fiesta je commençais à sentir un insidieux malaise s'installer en moi, une sorte de suffocation imperceptible et lancinante, un peu plus présente chaque jour.
A la fenêtre de mon petit studio (pléonasme tellement vrai), je scrutais l'horizon en quête d'une réponse: putain mais j'étouffe ici !
J'avais compris: à Aix en Provence, ville attachée à l'eau depuis l'antiquité, cité aux mille fontaines, on avait beau chercher, pas moyen de voir la mer ! D'où le sentiment d'enfermement. Qu'à cela ne tienne, la mer n'était pas très loin et je pensais avoir trouver le remède à mon mal être.

Une heure plus tard, à la terrasse d'un café du vieux port je sentais peser sur mes frêles épaules tout le poids de ce terrible constat: à Marseille la Méditerrannée c'est pas du tout la même que chez nous (elle brille moins, elle sent pas bon et où sont passés les reflets turquoises !).
Rentrer à la maison, le plus vite possible. Dans l'avion qui me ramène à Ajaccio, sans encore savoir pourquoi déjà je me sens mieux. On annonce la descente, l'appareil vire à droite, par le hublot les brumes blanchâtres se dissipent offrant à mes yeux emplis de larmes le plus beau spectacle qu'il m'ait été donné de voir: mon île de beauté tel un joyaux jaillissant des flots, dont les côtes sinueuses et écumantes dansent, rien que pour moi.

Le souffle coupé, je débarque à Campo dell'oro, le coeur remué par les parfums mélés du maquis et des embruns. Enfin je le sais du plus profond de mes tripes : c'est ma TERRE, j'y suis née et je veux y mourir.
J'ai passé 5 ans à Aix en provence puis je suis rentrée, sans doute parce que je refusais de mettre au monde des enfants dans un pays où quand une fille se fait agresser dans la rue personne ne lève le petit doigt. Est-ce le bon choix ? Peut-être aurais-je eu ailleurs une destinée plus glorieuse ?
Se sentir chez soi est le plus grand des trésors.

Je dédie ce post à tous les corses expatriés (de Paris, Nice, Aix en Provence, Marseille, Milan ou ailleurs...). Sachez mes amis que vous manquez à la Corse autant qu'elle vous manque ! Portez haut nos couleurs, vous êtes promis à de grands avenirs !
Mais surtout, surtout, gardez toujours en vos coeurs cette fierté qui est la notre !
Gardez toujours en vos coeurs, le doux parfum du genêt au printemps...

Balfalelle
  


1.Posté par Orange le 05/05/2006 13:35
C'est beau ! C'est tout ce que j'ai à dire à propos de ça.

2.Posté par daxterfuss le 06/05/2006 09:03
Emouvant j'ajouterai... Aix t'a entendu... Hallelujah...

3.Posté par Think le 06/05/2006 14:00
Tout est dit ;) Beacoup sont pari conquérant beaucoup sont revenu au bout d'un a cause du mal du pays :/

4.Posté par Ptit roux.... le 06/05/2006 14:31
Véridique, ce manque indicible tellement dur.....

5.Posté par Poutou le 31/08/2006 10:11
Pas mieux, à chaque besoin de changement d'air succède très vite le besoin de retour à la maison. Notre confort de vie est vraiment difficilement égalable. there's no place like home! :-p

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